
Une douleur au tendon d’Achille au démarrage d’une course, une épaule qui devient douloureuse au tennis, un coude sensible après plusieurs entraînements ou une douleur rotulienne qui réapparaît à chaque reprise sportive : les tendinopathies sont fréquentes chez les sportifs, mais elles ne concernent pas uniquement le tendon.
Lorsqu’un tendon devient douloureux, la tentation est souvent de se concentrer exclusivement sur la zone sensible : repos, glace, massage, étirement ou exercices trouvés sur Internet. Ces solutions peuvent parfois modifier temporairement les symptômes, mais elles ne permettent pas nécessairement de comprendre pourquoi ce tendon est soumis à des contraintes qu’il ne parvient plus à tolérer.
Avant de rééduquer, de renforcer ou de reprendre le sport, une question est donc primordiale : l’articulation concernée et les différentes structures participant au mouvement fonctionnent-elles correctement ?
Une tendinopathie n’est pas seulement un tendon douloureux
Un tendon relie un muscle à un os et participe à la transmission des forces nécessaires pour courir, sauter, lancer, soulever une charge ou simplement marcher.
Une tendinopathie apparaît généralement lorsqu’un décalage s’installe entre les contraintes imposées au tendon et sa capacité à les tolérer. Cette surcharge peut résulter d’une augmentation trop rapide du volume d’entraînement, d’une répétition importante du même geste ou d’une récupération insuffisante.
Mais la quantité d’effort n’est pas le seul élément à examiner.
Lorsqu’une articulation ne dispose pas d’une mobilité suffisante, que le mouvement est mal contrôlé ou que certains muscles ne participent plus correctement à l’effort, les contraintes peuvent être réparties différemment. Le tendon douloureux peut alors devenir la partie visible d’un problème fonctionnel plus large.
Dans une tendinopathie d’Achille, par exemple, il est pertinent d’évaluer le fonctionnement du pied et de la cheville, la participation du mollet, la stabilité du membre inférieur et la manière dont les forces sont absorbées pendant la marche ou la course.
Pour une tendinopathie de l’épaule, l’examen ne devrait pas se limiter au tendon concerné. La mobilité de l’épaule, le fonctionnement de l’omoplate, la région thoracique, la coordination musculaire et le geste sportif peuvent modifier les contraintes supportées par les tendons de la coiffe des rotateurs.
Il ne suffit donc pas de savoir où se situe la douleur. Il faut chercher à comprendre pourquoi cette zone est sollicitée de cette manière.
Pourquoi renforcer immédiatement n’est pas toujours la première réponse
Le renforcement progressif occupe une place importante dans la récupération d’une tendinopathie. Un tendon doit être confronté à des contraintes adaptées pour retrouver progressivement sa capacité à supporter les efforts du quotidien et du sport.
Mais proposer directement des exercices sans avoir examiné la fonction de l’articulation peut revenir à renforcer un mouvement qui reste perturbé.
Si une cheville manque de mobilité, si une épaule ne se déplace pas correctement ou si certains muscles ne participent pas efficacement au geste, augmenter la charge ne corrige pas automatiquement le problème. Le sportif peut devenir plus fort tout en continuant à répartir les contraintes de manière inadaptée.
La logique de prise en charge ne consiste donc pas simplement à dire :
« Vous avez mal au tendon, voici trois exercices à réaliser. »
Elle consiste d’abord à déterminer :
- si la douleur correspond réellement à une tendinopathie ;
- quelle articulation et quels mouvements sont concernés ;
- si une restriction de mobilité est présente ;
- comment les muscles répondent et se coordonnent ;
- si le geste sportif génère une compensation ;
- quelle charge le tendon peut actuellement tolérer ;
- et quels facteurs entretiennent la surcharge.
Les exercices peuvent ensuite être choisis et dosés en fonction des résultats de cet examen, de l’ancienneté du problème et des objectifs du sportif.
Quelle est la place du chiropracteur dans la prise en charge d’une tendinopathie ?
La prise en charge chiropratique ne consiste pas à agir directement sur un tendon en espérant faire disparaître la douleur de manière isolée.
Le chiropracteur réalise d’abord un examen neuro-musculo-squelettique destiné à préciser l’origine de la douleur et à évaluer le fonctionnement de la région concernée. Cet examen peut intégrer la mobilité articulaire, les amplitudes de mouvement, la réponse musculaire, la coordination, la stabilité et la manière dont le corps s’adapte au geste douloureux.
Au cabinet de Chloé Goutalier, Chiropracteur au Pradet entre Toulon et Hyères, cette évaluation peut notamment être complétée par des tests issus de l’Applied Kinesiology afin d’étudier plus précisément la réponse musculaire et les adaptations fonctionnelles du patient.
Les soins chiropratiques peuvent ensuite chercher à :
- restaurer une mobilité articulaire insuffisante ;
- améliorer le fonctionnement de la région concernée ;
- limiter certaines compensations ;
- favoriser une meilleure coordination du mouvement ;
- et préparer une remise en charge adaptée.
Les ajustements, mobilisations et autres techniques manuelles ne remplacent pas le travail progressif du tendon. Ils interviennent dans une stratégie plus large : rétablir les conditions fonctionnelles nécessaires pour que la rééducation et la reprise sportive puissent être réalisées de manière cohérente.
La chiropraxie et la rééducation ne s’opposent donc pas. Elles peuvent être complémentaires, notamment lorsqu’un travail de renforcement est nécessaire pour restaurer durablement la tolérance du tendon à l’effort.
Diminuer la douleur ne signifie pas que la fonction est restaurée
Une baisse de la douleur est encourageante, mais elle ne suffit pas toujours à autoriser une reprise complète.
Après quelques jours ou quelques semaines de repos, le tendon peut sembler moins douloureux simplement parce qu’il a été moins sollicité. Pourtant, sa capacité à supporter la course, les sauts, les changements de direction ou les gestes répétés n’a pas nécessairement été restaurée. Une baisse de la douleur est encourageante, mais elle ne suffit pas à démontrer que la fonction est restaurée.
En effet, après une période de repos ou de diminution de l’activité, le tendon peut devenir moins douloureux parce qu’il a été moins sollicité. Le système nerveux peut également mettre en place des adaptations permettant de poursuivre le mouvement malgré une perturbation persistante. La disparition du symptôme ne renseigne donc pas, à elle seule, sur la mobilité, la coordination musculaire ni sur la capacité du tendon à supporter de nouveau les contraintes propres au sport pratiqué.
C’est ce qui explique certaines récidives : la douleur diminue, le sportif reprend immédiatement son activité au même niveau, puis les symptômes réapparaissent.
La récupération d’une tendinopathie ne doit donc pas être évaluée uniquement au repos. Une baisse de la douleur est encourageante, mais elle ne suffit pas à démontrer que la fonction est restaurée.
Faut-il arrêter complètement le sport ?
L’arrêt complet et prolongé n’est pas systématiquement nécessaire. Un tendon a besoin d’être sollicité pour conserver et développer sa capacité à supporter la charge.
Mais continuer exactement comme avant malgré une douleur qui augmente n’est pas davantage une solution.
La difficulté consiste à déterminer ce qui peut être maintenu, ce qui doit être temporairement modifié et selon quelle progression l’activité pourra être reprise. Cette décision dépend du tendon concerné, du niveau d’irritabilité, de l’ancienneté des symptômes, des capacités du patient et des exigences de son sport.
Le repos relatif peut permettre de limiter les gestes les plus irritants tout en maintenant certaines activités compatibles avec la récupération. La charge est ensuite augmentée progressivement, en observant non seulement la douleur pendant l’effort, mais aussi la réaction du tendon dans les heures et le lendemain qui suivent.
Il ne s’agit donc ni de tout arrêter ni de passer en force, mais de construire une remise en charge adaptée après avoir vérifié la fonction.
Pourquoi les solutions uniquement passives atteignent rapidement leurs limites
Glace, massage, étirement, taping, attelle ou changement de chaussures peuvent parfois apporter un soulagement. Mais diminuer temporairement les symptômes ne suffit pas si les contraintes responsables du problème restent identiques.
De la même manière, étirer fortement une zone douloureuse sans savoir pourquoi elle est en tension peut augmenter son irritation. Changer brutalement de chaussures ou de technique sportive peut également introduire de nouvelles contraintes alors que le tendon ne dispose pas encore des capacités nécessaires pour les supporter.
Aucun accessoire et aucune technique isolée ne peuvent remplacer un examen individualisé.
La question importante n’est pas seulement : « Qu’est-ce qui pourrait soulager ce tendon ? »
Elle est aussi : « Qu’est-ce qui perturbe le fonctionnement de cette articulation et continue à imposer cette contrainte au tendon ? »
Faut-il attendre que la douleur persiste pour consulter ?
Une douleur ou une gêne apparaissant au niveau d’un tendon peut justifier à elle seule une évaluation. Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’elle revienne systématiquement, qu’elle modifie visiblement le geste ou qu’elle empêche de pratiquer son activité pour chercher à en comprendre l’origine.
Le corps possède d’importantes capacités d’adaptation. Lorsqu’une difficulté survient, le système nerveux peut temporairement modifier le recrutement musculaire ou l’organisation du mouvement afin de continuer à accomplir la tâche demandée. La douleur peut alors diminuer, voire disparaître, sans que cela permette à elle seule de conclure que la fonction est pleinement restaurée.
Cette adaptation peut être efficace pendant un temps. Mais si la perturbation initiale demeure, si les contraintes se répètent ou si l’organisme doit déjà gérer d’autres difficultés, les compensations peuvent s’accumuler jusqu’à dépasser ses capacités d’adaptation. Le symptôme devient alors le signal visible d’un processus qui a parfois commencé bien avant son apparition.
Consulter dès les premiers signes ne signifie donc pas dramatiser la situation. Cela permet d’évaluer la fonction avant que la douleur ne s’installe, que le geste sportif ne se modifie davantage ou que d’autres régions ne soient sollicitées pour compenser.
Une douleur apparue brutalement avec une sensation de claquement, une perte de force importante, un gonflement, un hématome ou une impossibilité d’utiliser normalement le membre nécessite en revanche un avis rapide. Ces signes peuvent évoquer une lésion plus importante qu’une simple tendinopathie et justifier une orientation médicale ou des examens complémentaires..
Retrouver une articulation fonctionnelle avant de reconstruire la performance
Prendre en charge une tendinopathie ne consiste pas uniquement à calmer une douleur ni à distribuer une série d’exercices standards.
Il faut d’abord établir un diagnostic, examiner l’articulation, évaluer la réponse musculaire et comprendre la manière dont les contraintes sont réparties. Les soins peuvent alors cibler les facteurs fonctionnels susceptibles d’entretenir la surcharge, avant d’organiser progressivement le renforcement et la reprise sportive.
L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un tendon moins douloureux au repos. Il est de retrouver un mouvement fonctionnel et une capacité suffisante pour reprendre les activités qui comptent pour vous, avec le moins de compensations possible.
Au cabinet de chiropratique de Chloé Goutalier au Pradet, chaque prise en charge débute par un bilan complet afin de déterminer les facteurs susceptibles d’entretenir la douleur et de proposer un suivi adapté au patient, à son activité et à ses objectifs sportifs.
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